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Les dolmens sont des sépultures mégalithiques préhistoriques (entre la fin du Ve millénaire av. J.-C. et la fin du IIIe millénaire av. J.-C. en Europe, au Ier millénaire av. J.-C. en Extrême-Orient) formés de dalles de pierres horizontales soutenues par d'autres en position verticale. Les dalles de couverture méritent bien le terme de mégalithe de par leur poids pouvant atteindre plusieurs dizaines de tonnes. Ce sont des monuments funéraires, des sépultures collectives de tout un groupe humain sur plusieurs générations. Leur architecture est variable: le dolmen peut être formé de une ou plusieurs chambres de forme plus ou moins circulaire ou polygonale accessibles par un couloir, le dolmen peut être formé plus simplement d'un couloir que l'on qualifie d'allée couverte. Le dolmen est la structure interne du monument d'origine, il était recouvert à l'origine de pierres sèches et de terre pour former une petite colline (tumulus). Avec le temps, la terre a été ravinée, les pierres sèches ont été réutilisées comme matériaux de construction.
La morphologie des dolmens peut varier en fonction des régions; ainsi observe-t-on par exemple en Loire-Atlantique (France) des dolmens dont le couloir central dessert plusieurs chambres de part et d'autre, formant ainsi un ou deux transepts et compliquant notablement le plan de la sépulture. Dans d'autres régions, en Bretagne ou en région parisienne par exemple, et dans bien d'autres pays, certains dolmens démesurément longs, dont la chambre et le couloir de même largeur se confondent et qui sont recouverts de plusieurs tables sont appelés «allées couvertes». La complexité et l'importance des monuments peuvent être telles que certains tumuli recouvrent plusieurs dolmens, comme le grand tumulus de Barnenez (Finistère, France) qui couvre onze sépultures à couloir, les unes mégalithiques et d'autres avec voutes de pierre sèche en encorbellement… À l'opposé, la région des Cévennes est riche en tombes du genre coffre, souvent en dalles de schiste et pierre sèche, sans couloir et sous un cairn assez bas, parfois réunis en nombre dans une nécropole de crête.
Ce dolmen est un exemple typique: son tumulus a complètement disparu (érosion, pillage...) et ne reste que la charpente du tombeau lui-même. Il semble que ce soit Théophile Malo Corret de la Tour d'Auvergne qui soit «l'inventeur» du terme «dolmen», dans son ouvrage Origines gauloise. Celles des plus anciens peuples de l'Europe puisées dans leur vraie source ou recherche sur la langue, l'origine et les antiquités des Celto-Bretons de l'Aarmorique, pour servir à l'histoire ancienne et moderne de ce peuple et à celle des Français, publié entre 1792 et 1796. Son appellation «dolmen», sera vite relayée par Pierre Jean-Baptiste Legrand d'Aussy (1737-1800) qui proposera une interprétation différente de la fonction du dolmen en y voyant, non plus une table de sacrifice ou un autel comme le pensait Malo Corret, mais bien une sépulture.
M. Coret, parlant d'une de ces tables que je ferai connaître
bientôt, et qu'on voit à Locmariaker, dit qu'en bas-breton
on l'appelle dolmin. Je saisis de nouveau cette expression, qui, comme
les deux précédentes, m'est nécessaire. Dans un sujet
totalement neuf, et dont par conséquent le vocabulaire n'existe
pas, je suis forcé de m'en faire un; et quoique, par mon droit,
je fusse autorisé à créer des mots, je préfère
néanmoins d'adopter ceux que je trouve existants, surtout quand
ils me donnent, comme le bas-breton, l'espoir de représenter les
anciennes dénominations gauloises. J'adopte donc le mot dolmine,
et je vais l'employer pour désigner les tables dont je parle.
Le terme semblerait forgé à partir des mots bretons : t(d)aol (apparenté au latin tabula?), table et men, pierre. A noter que ce mot n'est pas un mot breton et que s'il avait été attesté dans cette langue, il aurait été écrit «taol-men», «un daol-ven» (un dolmen), «ma zaol-men» (mon dolmen). Le mot breton authentique pour désigner un dolmen est en fait
«Liah vaen», variante «Liaven» ou «lieven»
et «leven» dans les composés… Dolmen de Grammont aussi appelé en occitan «Ostalet de las fadas» (la petite maison des fées), commune de Soumont, Hérault, Languedoc, France. Ce monument mégalithique est remarquable par sa porte taillée et qui servait d'accès à la chambre sépulcrale («porte de four»).
Les dolmens étaient des sépultures collectives à caractère réutilisables. Cela explique que dans certains dolmens, on ait pu découvrir les restes humains de plusieurs centaines d'individus et du mobilier de périodes différentes (Néolithique, Âge du Cuivre, du Bronze, du Fer, ou même périodes plus tardives). Un peu à l'image de nos caveaux familiaux, les dolmens pouvaient servir bien plus longtemps qu'aujourd'hui et il est sûr que certaines tombes ont dû servir des siècles. Le terme de « sépulture collective » n'implique pas forcément qu'il s'agisse d'un tombeau pour tous: au vu de la quantité d'ossements parfois assez faible découverte dans des sépultures de grande taille — monuments prestigieux —, on se demande si certaines n'étaient pas réservées à un groupe de privilégiés de la communauté.
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